Genève - Le détournement par Israël du navire suédois Marianne, l'un des quatre à avoir tenter de naviguer vers Gaza dans le cadre de la «Flottille de la Liberté 3", est une violation flagrante de toutes les conventions internationales des droits humains et du droit international, dit Ramy Abdu, Directeur d’Euro-Med, Observatoire euro-méditerranéen pour les Droits de l’Homme.

"Selon les témoignages des militants à bord, le navire battant pavillon suédois était à 170 km de la bande de Gaza, dans les eaux internationales, lorsque les forces de la marine israélienne en ont pris le contrôle», explique Ramy Abdu. «C’est une violation de la souveraineté suédoise."

Ramy Abdu ajoute que cet acte a été commis en violation des articles 94 et 89 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, qui énonce que: «chaque Etat exerce effectivement sa juridiction et son contrôle dans les domaines administratif, technique et social sur les navires battant son pavillon "ainsi que la disposition statuant qu’« aucun Etat ne peut légitimement prétendre soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté. "

Le 1er juillet, Euro-Med a publié un communiqué reproduisant les témoignages de militants qui étaient à bord du bateau Marianne. Les passagers ont déclaré que les forces de la marine israélienne leur ont ordonné de déplacer le navire battant pavillon suédois en direction du port d’Ashdod, mais l'équipage a refusé. Les soldats israéliens ont alors pris d’assaut le navire utilisant des moyens violents tels que des pistolets paralysants électriques  lesquels, soutient Euro-Med, constituent un "traitement humiliant des militants humanitaires qui ont voyagé pendant une longue distance pour contester le blocus illégal condamné à plusieurs reprises par les résolutions des Nations Unies."

Quatorze des 18 passagers et membres d'équipage sont encore en détention en Israël plus de deux jours après leur enlèvement violent.

 «Israël essaye de forcer ces militants à signer une déclaration dans laquelle ils « confessent » avoir tenté d'entrer illégalement en Israël, en échange de leur libération", dit Ramy Abdu. "Mais, les militants ont refusé car l'accusation est fausse. Ceci est leur droit et il doit être protégé ".

Euro-Med appelle Israël à mettre fin à son contrôle illégale des eaux internationales de la Méditerranée orientale, et de cesser ses fréquents actes de piraterie dans la zone. Elle exige également qu'Israël libère immédiatement les militants innocents, et que les gouvernements concernés, notamment ceux de la Norvège, de la Suède, de la Nouvelle-Zélande, du Canada et des États-Unis, assurent la sécurité et la protection de leurs citoyens.