Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les violations des droits de l'homme se sont multipliées depuis le début de la dernière décennie. Les populations sont descendues dans la rue pour protester contre les conditions politiques et économiques désastreuses, et des conflits armés ont ravagé certains pays. Les gouvernements de la région ont utilisé des tactiques violentes pour mater et faire taire les voix dissidentes et ont systématiquement pris pour cible les militants politiques et les journalistes.

En juin 2022, les régimes répressifs ont continué à prendre pour cible des militants et des journalistes pacifiques, à réprimer les manifestations populaires et à restreindre les libertés publiques. En Europe de l'Est, le conflit militaire russo-ukrainien a coûté la vie à des centaines de civils et provoqué le déplacement de millions d'Ukrainiens vers les pays voisins. La crise a mis en lumière la discrimination et les doubles standards des politiciens, fonctionnaires, journalistes et célébrités européens, qui ont appelé à accueillir les réfugiés ukrainiens parce qu'ils partagent leur ethnie, leur couleur et leur religion, contrairement aux demandeurs d'asile et aux migrants provenant de régions situées en dehors de l'Europe.

Le mois dernier, notre équipe a travaillé aux côtés d'organisations partenaires et de dizaines d'organisations régionales et internationales pour générer un réel changement en parlant aux décideurs des pratiques et des méthodologies qui devraient être abordées, réformées ou abolies. Nous avons également exploité le pouvoir des médias sociaux pour engager virtuellement le public sur des questions qui affectent leurs droits individuels ainsi que la dignité humaine dans son ensemble.

Voici les résultats les plus significatifs de ces efforts :

  • Europe

Depuis le début de l'année 2022, la Commission danoise d'appel des réfugiés a annulé la décision du service danois de l'immigration pour 71 % des réfugiés syriens dont le permis de séjour avait été annulé, leur permettant ainsi de rester dans le pays.

Depuis la décision des autorités danoises d'annuler les permis de résidence des réfugiés syriens au motif que leur pays est devenu une zone sûre, Euro-Med Monitor a approché les autorités danoises pour qu'elles annulent les décisions d'expulsion, et qu'elles continuent à accorder la résidence et la protection aux réfugiés syriens en raison des conditions de guerre persistantes dans leur pays.

[La qualification de la Syrie comme étant "sûre" par le Danemark est une mesure dangereuse, inhumaine et illégale].

  • Arabie saoudite

En juin 2022, les autorités saoudiennes ont libéré le détenu Murtaja Al-Qurairis après huit ans d'emprisonnement. Il avait été arrêté alors qu'il était mineur pour avoir participé à une manifestation à l'est du Royaume.

Au cours des dernières années, Euro-Med Monitor, en coopération avec ses partenaires, s'est adressé aux autorités saoudiennes pour qu'elles libèrent les prisonniers de conscience, et a lancé des campagnes de pression continues, afin de faire pression sur les autorités saoudiennes pour qu'elles arrêtent la politique d'arrestations arbitraires, et respectent le droit de ses citoyens à exprimer librement leurs opinions.

[Condamnation arbitraire d'un académicien saoudien pour avoir exprimé ses opinions].

  • Yémen

Le gouvernement yéménite et le groupe Houthi ont accepté de prolonger l'armistice au Yémen de deux mois supplémentaires.

Au cours des années de conflit, Euro-Med Monitor, ainsi que les organisations de défense des droits de l'homme, se sont adressés aux différentes parties au Yémen pour leur demander de mettre fin au conflit armé, de neutraliser les civils de toutes les actions militaires et de permettre aux organisations humanitaires de travailler librement et en toute sécurité dans toutes les régions du pays.

[Yémen : Sept ans de conflit plongent des millions de personnes au bord de la famine].