Depuis des décennies, les violations des droits de l'homme ont continué à sévir au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, notamment avec l'expansion des conflits armés et la répression constante des voix des activistes, des politiciens, des journalistes et autres. Cependant, malgré la sombre réalité des droits de l'homme dans la région, il est crucial de reconnaître les petits pas qui, à long terme, apporteront des améliorations considérables en vue de mettre fin aux violations et d'obtenir réparation pour les victimes.

En novembre, notre équipe a travaillé aux côtés d'organisations partenaires et de dizaines d'organisations régionales et internationales pour apporter un réel changement à cet égard en parlant aux décideurs des pratiques et méthodologies qui devraient être abordées, réformées ou complètement arrêtées. Nous avons également exploité le pouvoir des médias sociaux pour faire participer virtuellement le public à des questions qui touchent à ses droits et à sa dignité humaine.

Parmi les résultats les plus importants de ces efforts:

  • Libye

Le 30 novembre, le tribunal de première instance de la ville libyenne de Zawiya a décidé d'exclure le général de division libyen à la retraite Khalifa Haftar des élections présidentielles prévues le 24 décembre.

Au cours des dernières années, Euro-Med Monitor et des organisations internationales et locales de défense des droits de l'homme ont appelé à traduire Haftar en justice pour les crimes commis par ses forces, car ils constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales. Le disqualifier de la course à la présidence pourrait être le premier pas vers la justice.

  • Irak

Le 25 novembre, le ministère irakien des Affaires étrangères a annoncé la libération de 41 Irakiens qui avaient été détenus dans la capitale libyenne, Tripoli, après l'échec de leurs tentatives de rejoindre l'Europe par la mer.

Au cours de cette année, Euro-Med Monitor a appelé les gouvernements des pays dont des citoyens sont détenus dans des prisons en Libye à faire des efforts plus importants et plus sérieux et à coopérer avec les autorités libyennes pour libérer ces migrants, mettre fin aux violations humiliantes dont ils sont victimes, et mettre fin à la souffrance de centaines de familles qui sont constamment inquiètes du sort de leurs enfants.

Déclarations:

- Libye: Des centaines de Syriens détenus dans des conditions inhumaines dans les prisons de Tripoli

- Libye: Des centaines de migrants marocains détenus dans des conditions inhumaines

  • Tunisie

Le 25 novembre, le tribunal militaire de Tunis a décidé de libérer le journaliste Amer Ayyad, plus d'un mois après son arrestation pour conspiration contre la sécurité de l'État à la suite d'une publication sur Facebook.

Suite à l'annonce de mesures présidentielles par le président tunisien Kais Saied le 25 juillet 2021 et aux mesures répressives prises par les autorités contre les activistes et les opposants, Euro-Med Monitor a publié un rapport appelant à l'arrêt des poursuites contre les activistes politiques pour avoir exprimé leurs opinions et à la possibilité d'exercer le droit de publier sans restriction.

Déclaration

  • Arabie Saoudite

Le 16 novembre, les autorités saoudiennes ont libéré Abdullah Al-Zaher à la fin de sa peine. Al-Zaher a été arrêté en 2012 alors qu'il avait quinze ans en raison de sa participation à des manifestations antigouvernementales lors du soulèvement du Printemps arabe.

Ces dernières années, les organisations de défense des droits humains ont demandé aux autorités saoudiennes de cesser de réprimer l'opposition et les militants pacifiques et de libérer toutes les personnes arrêtées pour leurs activités politiques et de défense des droits humains.

  • Égypte

Le 19 novembre, le parquet suprême de la sûreté de l'État égyptien a décidé de libérer le journaliste Ahmed Shaker à l'expiration de la période légale de détention provisoire (24 mois) prévue par le Code de procédure pénale. Il était accusé d'avoir publié de fausses nouvelles en 2019.

Les organisations de défense des droits humains ont récemment mis en évidence le recours répété des autorités égyptiennes à la détention provisoire, en violation des articles de la Constitution et de la loi, à l'encontre des faiseurs d'opinion et des opposants politiques, simplement pour avoir exprimé leurs opinions, et ont exigé un engagement à n'y recourir qu'à titre de mesure de précaution et non comme moyen punitif.

  • Europe

Le 15 novembre, l'Union Européenne a indiqué dans un communiqué qu'elle allait imposer des sanctions à quatre ministres nommés au sein du gouvernement syrien. Cette décision s'inscrit dans le cadre des mesures imposées par l'UE au régime syrien en raison de sa répression continue de la population civile.

Depuis le début du conflit en Syrie, les organisations de défense des droits de l'homme ont intensifié leur condamnation du gouvernement syrien et ont recommandé que des sanctions urgentes soient imposées à toutes les personnes impliquées dans les violations généralisées des droits de l'homme dans le pays afin de dissuader toutes les dictatures du monde de commettre davantage de crimes contre leurs citoyens.