GENÈVE - Au cours de la seule semaine du 23 au 30 mai, cinq migrants par heure en moyenne se sont noyés dans la mer Méditerranée alors qu’ils essayaient de fuir vers l'Europe. Une analyse réalisée par l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'Homme montre qu'au moins 80 bateaux, dont 70 exclusivement faits de caoutchouc, ont tenté ou ont fait le voyage, soit une augmentation de 60 pour cent au cours des dernières semaines. Trois des bateaux ont chaviré, et on estime que 800 migrants sont morts avant d'atteindre leur destination.

   Depuis le début de 2016, plus de 46 000 personnes ont réussi à atteindre les côtes italiennes et 1 400 autres se sont noyées   

                                                      

 Depuis le début de 2016, plus de 46 000 personnes ont réussi à atteindre les côtes italiennes après avoir embarqué en Libye, et 1 400 autres  se sont noyées.

Le 26 Avril,  près de 500 migrants en provenance d'Afrique et du Moyen-Orient se sont noyés après que leur bateau a quitté l'Egypte pour l'Italie. Il a chaviré quelque part entre la Libye et l'Italie.

Les incidents au cours de la semaine du 23 mai ont été nettement plus grave. Le premier a eu lieu le mercredi 25 mai, quand un bateau transportant environ 650 personnes, en majorité des femmes et des enfants, a chaviré à seulement 65 km des côtes libyennes. La plupart des passagers sont toujours portés disparus, mais on estime qu’il y a plus de 500 morts.

Un deuxième incident a eu lieu ce jeudi et un troisième ce vendredi. Environ 14 000 personnes du total des passagers ont été sauvées; les autres personnes sont présumées mortes. La plupart des bateaux sont partis du village libyien de Sabratha.

    Ce fut la pire semaine de perte de migrants cette année, signalant que cette crise prolongée n’arrive pas à un mieux et que l'Union européenne doit commencer à donner la priorité au sauvetage au moins autant qu’elle le fait à la capture des contrebandiers   

Sandra Owen, chercheuse

 

«Ce fut la pire semaine de perte de migrants cette année, signalant que cette crise prolongée n’arrive pas à un mieux et que l'Union européenne doit commencer à donner la priorité au sauvetage au moins autant qu’elle le fait à la capture des contrebandiers», explique Sandra Owen, une chercheuse de l’Observatoire euro-med. « Nous savons d'après les témoignages de survivants que les passeurs, qui ont entassé les migrants dans des bateaux de fortune, facilement renversables, ont battu les migrants et violé certaines des femmes. Cela doit cesser, et les migrants qui arrivent à passer doivent pouvoir trouver refuge. »

La plupart des migrants ont commencé leur voyage en arrivant de l'aéroport de Mitiga dans la capitale libyenne de Tripoli, qui est contrôlée par les milices Fajir. La détérioration de la sécurité en Libye et le chaos dans les pays voisins ont aidé les réseaux de contrebande, qui font de la traite d’êtres humains et exploitent la misère. « Compte tenu de l'incapacité du Conseil de sécurité des Nations Unies à mettre fin aux conflits en cours et de l’aggravation de la pauvreté à travers le Moyen-Orient et Afrique de l'Ouest, le nombre de migrants et de réfugiés qui cherchent à s’échapper à ne fera que continuer à croître», prévient Owen. « Il n'y aura pas de solution tant que les nations européennes construiront des murs et expulseront ces personnes désespérées au lieu d'ouvrir leurs portes et de trouver une façon équitable de partager à la fois la charge et l’opportunité que les réfugiés apportent. »