Genève - Des dizaines de civils ont été tués par des bombardements aveugles par « l'organisation de l'Etat islamique » en Irak, avec une recrudescence marquée ces derniers jours, rapporte l'équipe sur le terrain de l'Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'Homme. Et il est temps pour l'ONU et ses Etats membres de donner des dents à l'application du droit international.

   Le bombardement le plus récent a eu lieu le 17 mai, lorsque trois attaques ont tué au moins 63 personnes dans divers endroits de la capitale, Bagdad   

 

Le bombardement le plus récent a eu lieu le 17 mai, lorsque trois attaques ont tué au moins 63 personnes dans divers endroits de la capitale, Bagdad. Les embuscades ont eu lieu dans un marché du quartier nord de Shaab, dans un marché de Sadr City et dans la rue El-Rasheed au sud. Tous ces lieux étaient principalement des zones résidentielles chiites, sans activités militaires à proximité.

Les attaques sont survenues moins d'une semaine après un autre incident survenu le 11 mai, durant lequel une voiture piégée a explosé dans un marché de Sadr City à Bagdad, tuant plus de 63 civils. En outre, il y a eu quatre autres attaques entre le 28 Février et le 9 mai, au cours desquelles plus de 150 civils sont morts, dont plusieurs enfants. Deux des premières attaques ciblaient des lieux de rencontre publics populaires - un marché et un terrain de football. L'organisation Etat islamique a tué plus de 270 personnes depuis le 25 Février.

 

   Toutes les parties au conflit en Irak doivent s'engager à faire la distinction entre les cibles militaires légitimes et les civils et les infrastructures nécessaires pour les soutenir   

Mira Bishara, chercheuse juridique pour Euro-Med

 

 « Ces incidents constituent des crimes contre l'humanité, et montrent un mépris sans précédent de la protection des civils », a déclaré Mira Bishara, chercheuse juridique pour Euro-Med. « Si les Nations Unies n’agissent pas plus vite pour assurer la protection des civils, l'ensemble du système de sécurité mondiale sera en danger. »

Au cours de l'année écoulée, plus de 11 000 Irakiens— des civils en majorité—ont été tués et 18 000 autres blessés dans des affrontements armés et des bombardements. La plupart ont été revendiqués par l'Etat islamique.

 «Toutes les parties au conflit en Irak doivent s'engager à faire la distinction entre les cibles militaires légitimes et les civils et les infrastructures nécessaires pour les soutenir», déclare Bishara. « Les Nations Unies doivent en faire une priorité et donner des dents à l'application des lois internationales. »