Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen pour les droits de l'Homme appelle les dirigeants de l'Union Européenne à forger une stratégie commune pour assurer le respect des droits de l'Homme en parallèle aux préoccupations économiques et sécuritaires. "Depuis le début de 2016, l'Europe a puni les réfugiés fuyant vers ses rivages" averti l'Observatoire Euro-Med.

 

   En 2015, la police allemande a documenté plus de 1000 attaques sur des centres d'hébergement de réfugiés, soit une augmentation de 500% par rapport à l'année précédente.   

"Bien que les pays européens ont reçu plus d'1 million de demandeurs d'asile l'année dernière, ceci est beaucoup moins que ce que les nations voisines de la Syrie et l'Irak ont dû absorber" explique Docteur Ramy Abdu, président de l'Observatoire Euro-Med.

 

"Ils reçoivent encore de nombreux autres réfugiés, bien qu'ils souffrent de leurs conditions économiques, et peut-être d'une sécurité et d'une stabilité moins bonnes que dans les pays de l'Union Européenne."

"Certains pays comme le Liban et la Jordanie, directement frontaliers des zones de crise, sont beaucoup moins en mesure d'apporter leur soutien aux réfugiés jusqu'à ce qu'ils puissent retourner chez eux en sécurité", rapporte Euro-Med.

Les exemples des mesures dures et restrictives prises par les gouvernements européens comme punissions virtuelles pour des personnes déjà traumatisées par la guerre incluent :

 

ALLEMAGNE

Au début de l'année 2016, l'Allemagne a légalisé la confiscation des biens des réfugiés pour financer les dépenses de leur logement. En Bavière, les biens excédant une valeur de 750 euros sont confisqués ; à Baden-Wurttemberg, le seuil est d'un peu moins de 350 euros. Les autorités allemandes ont également limité les réunifications familiales, les suspendant pour au moins deux ans.

Avec la hausse des partis politiques anti-réfugiés, les réfugiés sont maintenant exposés à des agressions plus fréquentes et sérieuses, incluant des attaques par incendie criminel et des destructions de propriété.

En 2015, la police allemande a documenté plus de 1000 attaques sur des centres d'hébergement de réfugiés, soit une augmentation de 500% par rapport à l'année précédente.

 

AUTRICHE

500 soldats autrichiens ont été déployés à la frontière de Spryfield avec la Slovénie. Ce déploiement fait partie d'un plan, également adopté par l'Allemagne, pour conduire des contrôles d'identité plus durs des réfugiés passant par le sol autrichien pour atteindre les pays scandinaves.

Les officiels autrichiens ont exposé que 50 000 réfugiés seront expulsés parce que leur demande d'asile n'a pas été acceptée. De plus, ils ont décidé d'interrompre leur politique de porte ouverte, imposant au lieu de cela une limite de 37 500 demandeurs d'asile autorisés pour l'année 2016.

 

SUEDE

43 incidents d'incendie criminel visant des abris de réfugiés ont été documentés par la police depuis Juillet, parmi une série d'événements hostiles organisés par des factions d'extrême droite contre les réfugiés. L'un des pires a été la distribution par un gang d'hommes masqués de prospectus menaçant d'attaques sur les migrants ; plus tard, des manifestants anti-racistes ont été assaillis à Stockholm.

Récemment, le gouvernement suédois a pris des mesures strictes contre les demandeurs d'asile. 55% des demandes (environ 80 000) ont été rejetées en 2015, avec l'intention d'expulser ces demandeurs d'asile. Depuis le début de cette année, les autorités ont contrôlé la frontière avec le Danemark pour vérifier les cartes d'identité des voyageurs et empêcher les immigrants illégaux d'entrer dans le pays. Ce contrôle de frontière est le premier depuis un demi siècle.

La Suède a également annoncé une série d'amendements restrictifs, prévus pour entrer en vigueur en Avril. Ceux-ci incluent d'octroyer seulement des visas temporaires aux réfugiés, renouvelables tous les trois ans, et des visas d'un an pour ceux qui sont considérés éligibles pour une protection "subsidiaire".  "La protection subsidiaire s'applique à ceux qui seraient en danger sérieux si ils retournaient dans leur pays d'origine, mais qui ne rentrent pas dans la définition stricte de réfugié."

   Les parties concernées devraient développer des normes cohérentes pour assurer un niveau raisonnable de sécurité sociale et économique pour les réfugiés   

Ramy Abdu, président de l'observatoire Euro-Méditerranéen

 

DANEMARK

Le Danemark a pris des actions semblables à sa frontière avec l'Allemagne, dans le but d'éviter d'accepter des réfugiés dont l'entrée a été refusée par la Suède. En Janvier, le parlement danois a adopté une loi autorisant la confiscation de biens des demandeurs d'asile afin de "financer leur séjour dans le pays". Conformément à cette loi, l'argent et les autres biens d'une valeur estimée à plus de 1 340 euros seront saisis. La loi inclut également d'autres dispositions qui rétrécissent les conditions d'adaptation des réfugiés et prolongent le temps nécessaire pour des réunifications familiales.

Dans le but de décourager les réfugiés de venir au Danemark, le gouvernement danois a publié un certain nombre d'annonces dans des journaux libanais avertissant les immigrants des difficultés.

 

HONGRIE

La Hongrie a pris des mesures semblables précédemment. Dans une annonce publiée dans des journaux libanais, le gouvernement hongrois a mis en garde les réfugiés contre l'entrée illégale dans son territoire et a imposé une pénalité allant jusqu'à trois ans de prison en plus de l'expulsion. Le parlement hongrois a approuvé une nouvelle législation en Septembre pour augmenter l'autorité des forces de sécurité hongroises et de l'armée quand ils traitent avec des immigrants qui essayent d'entrer dans le pays, leur permettant d'ouvrir le feu sur des immigrants pour protéger la frontière.
 
À la suite de l'augmentation rapide du nombre de demandeurs d'asile arrivés en Europe l'été dernier, la Hongrie a construit une barrière de fil de fer barbelé à sa frontière avec la Croatie s'étendant sur 41 kilomètres et une autre (de 175 kilomètres) pour arrêter le flux d'immigrants.
 

SLOVENIE

Suivant la même stratégie, la Slovénie a érigé un mur de 670 kilomètres le long de sa frontière avec la Croatie pour empêcher l'entrée d'immigrants. Dans quelques cas, les autorités ont utilisé des vaporisateurs de poivre pour disperser les réfugiés essayant de passer par le territoire pour rejoindre la Croatie.

 

FINLANDE

Le Ministère de l'Intérieur de la Finlande a déclaré son intention d'expulser les deux tiers des demandeurs d'asile (environ 20 000) qui se sont présentés en 2015.

 

PAYS BAS

L'incitation à la haine contre les réfugiés s'est propagée sur les médias sociaux aux Pays-Bas. Cette incitation est apparue simultanément à des attaques sur des centres d'hébergement de réfugiés et à un retard dans la considération des demandes de réunification familiale allant jusqu'à 18 mois.

 

GRANDE BRETAGNE

L'entreprise Jomast, un sous-traitant du conglomérat de sécurité G4S, a peint les portes des maisons de réfugiés en rouge à Middlesbrough, faisant d'elles une cible pour des abus. L'entreprise a prétendu que l'action a été effectuée sans but discriminatoire.

 
À Cardiff, au pays de galles, les demandeurs d'asile ont été forcés de porter des bracelets rouges pour obtenir de la nourriture. Cependant, après que des comparaisons ont été faites avec le traitement des Juifs dans l'Allemagne nazie, l'entreprise impliquée a fait marche arrière quant à sa décision.

 

FRANCE

En France, les sondages d'opinion montrent une croissance dans la popularité des partis politiques qui adoptent des politiques rigoureuses envers les demandeurs d'asile et les migrants. Ces sondages d'opinion ont conclu que plus de la moitié des adultes français (56%) s'opposent à l'entrée de réfugiés. À la fin de 2015, il y a eu plusieurs attaques sur des centres d'hébergement de réfugiés, et notamment un ensemble de feux dans le camp de réfugiés à Calais, dans le nord de la France, dans lequel vivent environ 6 000 demandeurs d'asile, la plupart syriens et africains. Trois camps de réfugiés pour syriens et irakiens ont été soumis à des attaques similaires au cours des trois derniers mois.
 
Le président français François Hollande a annoncé qu'il approuvera l'installation de seulement 30 000 demandeurs d'asile.
À la lumière de ce traitement cruel des demandeurs d'asile, l'observatoire Euro-Méditerranéen des droits de l'Homme appelle les leaders européens à agir avec urgence et pitié pour aborder les questions critiques concernant les réfugiés, plutôt que de simplement agir dans l'autodéfense. Chaque réfugié est un homme avec des droits internationalement reconnus, et les leaders européens ont un mandat moral pour assurer leur sécurité et leur dignité.
 
"Les parties concernées devraient développer des normes cohérentes pour assurer un niveau raisonnable de sécurité sociale et économique pour les réfugiés" explique Abdu. "Cela implique nécessairement de raccourcir les périodes d'attente nécessaires pour obtenir un permis de séjour, une réunification familiale et recevoir une assistance financière suffisante."