Genève- Les dernières statistiques de l’Observatoire euro-méditerranéen pour les droits de l’Homme, Euro-Med, démontrent les conséquences catastrophiques découlant de dix années  de siège imposé par Israël à la bande de Gaza. 40 % des Palestiniens de Gaza vivent en dessous du seuil de pauvreté et 80% d’entre eux sont dépendants des aides humanitaires. 

   L’ouverture du port de Gaza est la seule solution susceptible d’offrir une vraie indépendance à la population   

Ramy Abdu, président d’Euro-Med

 

Environ 922 000 réfugiés palestiniens de la bande de Gaza ne vivent que grâce à diverses formes d’aides ; six familles sur dix souffrent d’insécurité alimentaire. L’humiliation et le stress découlant du simple fait d’essayer de survivre contribue à augmenter la violence domestique qui touche 73% des familles.

Le gouvernement israélien a imposé le siège sur la bande de Gaza en 2006, à la suite d’élections parlementaires remportées par le parti du Hamas. La population a fait ainsi l’objet d’une punition collective. Euro-Med a, par conséquent, lancé une pétition demandant à Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, de plaider en faveur de l’ouverture d’un port maritime à Gaza.

« Les Palestiniens veulent que le blocus soit levé. Ils veulent voyager et échanger, sans restriction, par les points de passage d’Erez (Israël) et de Rafah (Égypte) », explique Ramy Abdu, président d’Euro-Med. « Mais, ces pays mettent tout en œuvre pour empêcher toute solution de voir  le jour. Ainsi, l’ouverture du port de Gaza est la seule solution susceptible d'offrir une vraie indépendance à sa population ».

   Israël empêche les inspecteurs des NU et les commissions d’enquête d’entrer à Gaza de peur que de solides preuves de son comportement criminel ne soient exposées.   

 

Quelques chiffres importants :

-       50% des enfants ont besoin d’une aide psychologique et 55% de la population a connu ou souffert de dépression

-       Le taux de chômage a atteint 43%, le plus élevé au monde. Le chômage est particulièrement élevé chez les jeunes populations avec 62% de jeunes qui ne travaillent pas.

-       Les coupures d'électricité durent jusqu’à 12 à 16 heures chaque jour.  40% de la population reçoivent de l’eau seulement quatre à huit heures par jour en raison de coupure d’électricité.

-       95% de l’eau de la bande est impropre à la consommation.

-       90000 mètres cubes d’eaux usées sont directement rejetés sans traitement dans la mer en raison d’une insuffisance de courant et des équipements

-       Les hôpitaux fonctionnent avec seulement 40% de leur capacité. Dans le plus grand hôpital de Gaza, l’hôpital Al-Shifa, les patients doivent parfois attendre jusqu’à 18 mois pour une intervention. Pire encore, du fait d’une pénurie de médicaments, de nombreux patients ne reçoivent pas les soins nécessaires.

-       Depuis que le siège a été imposé, le secteur de l’industrie a chuté de 60%, le PIB de 50%, le revenu individuel de 32% et les exportations de 4%.

-       Environ 100 000 maisons doivent être construites pour accueillir les déplacés internes. Depuis 2008, Israël a lancé trois attaques militaires contre la bande de Gaza.

 

A la suite de la dernière attaque de l’été 2014, seulement 40 % des promesses de dons faites par les gouvernements et les institutions internationales, à l’occasion de la conférence de donateurs au Caire, ont été tenues. De plus, la continuelle quasi fermeture des frontières empêche le matériel de construction d’entrer dans la bande et bloque la phase de reconstruction. En  comparaison à l’année 2005, le nombre de Palestiniens ayant été autorisés à passer le point de passage d’Erez a diminué de 75%.

Le point de passage de Rafah, à la frontière égyptienne, a été ouvert seulement 20 jours en 2015. « Israël continue de commettre de flagrantes violations des droits humains dans la bande de Gaza », affirme Ramy Abdu. « Simultanément, Israël empêche les inspecteurs des Nations Unies et les commissions d’enquête d’entrer à Gaza de peur que de solides preuves de son comportement criminel ne soient exposées. »

“Tout les aspects de la vie à Gaza risquent un effondrement dramatique.  En tant qu’occupant, Israël est tenu, par le droit international, de remplir ses obligations envers les Palestiniens de Gaza pour leur permettre de vivre de manière digne et productive ».

Signer la pétition pour appeler l’Union européenne à prendre des mesures de pression sur Israël et demander la levée du siège sur Gaza.