Genève - Les Nations Unies et les gouvernements ayant des relations avec Israël doivent exiger que cet Etat cesse immédiatement l'usage délibéré et excessif de la force dont il fait usage contre les Palestiniens, soutient l’Observatoire euro-méditerranéen pour les droits de l’Homme à l’occasion de la publication de son nouveau rapport portant sur les 100 derniers jours de protestations palestiniennes contre l’occupation.

   Les soldats israéliens ont tué 150 Palestiniens, dont sept femmes et 27 mineurs   

Entre le 1er octobre 2015 et le 8 janvier 2016, 3401 Palestiniens, dont le plus jeune est âgé de 8 ans, ont été arrêtés par les forces israéliennes, principalement pour des jets de pierres, une forme symbolique de protestation qui peut coûter jusqu’à 20 ans d’emprisonnement dans les geôles israéliennes. De nombreuses arrestations ont eu lieu lors d’assauts contre des maisons durant la nuit tandis que d’autres se sont produites lors de fouilles des hôpitaux menés par les forces israéliennes. Un détenu sur trois est victime de traitements cruels et ont subi des passages à tabac, les mains ligotées et les yeux bandés.

Les soldats israéliens ont également tué 150 Palestiniens, dont sept femmes et 27 mineurs, et ont refusé de retourner 24 corps aux familles. 15 759 Palestiniens ont été blessés, dont 92 sérieusement. 58 journalistes et 103 personnels médicaux d'urgence figurent parmi les blessés. De l’autre côté, 27 Israéliens (dont une femme) sont morts et 385 autres ont été blessés, dont 33 gravement.

 

   Israël est coupable de graves violations du droit international humanitaire et des normes relatives aux droits de l’Homme   

Richard Falk, président du conseil d'administration d’Euro-Med

 

"Israël est coupable de graves violations du droit international humanitaire et des normes relatives aux droits de l’Homme », dit Richard Falk, président du conseil d'administration d’Euro-Med et ancien rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés.

À ce jour, tous les fonctionnaires internationaux qui tentent de mettre à jour la responsabilité d’Israël sont soit marginalisés soit contraints à démissionner. Par exemple, récemment, Makarim Wibisono, rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme dans les TPO a dû démissionner. Makarim Wibisono était chargé d'enquêter sur les crimes commis pendant l'attaque israélienne contre la bande de Gaza durant l'été 2014 mais s’est heurté au refus de coopération d’Israël.

Il y a quelques mois, des protestations initialement déclenchées par les craintes croissantes qu'Israël cherchait à reprendre le contrôle de l’esplanade des mosquées a été menées par des jeunes palestiniens. Les débordements se sont par la suite répandus dans toute la Cisjordanie, dans la bande de Gaza et en Israël, avec une forte concentration des incidents à Hébron.

 «Ces expériences – par exemple le fait être détenu, et souvent torturé, pendant des heures voire des jours dans les prisons israéliennes ou d’assister à l’arrestation de ses proches dans sa propre maison - vont profondément marquer la nouvelle génération, à l’instar de celle des parents», observe Maha Hussaini, porte-parole d’Euro-Med. "La communauté internationale, et Israël, sont en train planter les graines de la violence qu'ils prétendent vouloir arrêter."