Genève- La démission du rapporteur spécial de l'ONU pour les territoires palestiniens reflète le manque de volonté politique, sur le plan international, à tenir Israël pour responsable des restrictions persistantes que rencontrent les enquêteurs des droits de l'Homme, affirme l’Observatoire euro-méditerranéen pour les droits de l’Homme.

 

    La démission de Wibisono reflète le manque de volonté politique, sur le plan international, à tenir Israël pour responsable des restrictions persistantes que rencontrent les enquêteurs des droits de l'Homme   

 

Makarim Wibisono,   rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme dans les territoires palestiniens, a annoncé sa démission  aujourd'hui en raison de ses difficultés d'accès à ces territoires. Selon un communiqué de l'ONU, Wibisono, qui a pris ses fonctions en juin 2014,  a déclaré : «Malheureusement, mes efforts pour aider à améliorer les conditions de vie des victimes palestiniennes de violations sous l'occupation israélienne ont été mis en échec à chaque occasion. » J'ai pris ces fonctions avec la présomption qu'Israël m'accorderait l'accès, en tant qu'observateur impartial et objectif », a-t-il dit.

  Wibisono a travaillé dur pour documenter les violations des droits humains dans les territoires palestiniens durant l'opération Bordure protectrice menée par Israël contre la bande de Gaza en juillet-août 2014. Dans le cadre de son travail, Wibisono s’est entretenu avec l'équipe d’Euro-Med au sujet des témoignages et autres éléments de preuve recueillis par l'organisation sur les violations du droit international commises par Israël.

   L'expérience de M. Richard Falk, président du conseil d'administration de l'Euro-Med, est un autre exemple   

Ramy Abdu, président d'Euro-Med

 

"Ce n’est pas la première fois qu'Israël mène une campagne contre un fonctionnaire de l'ONU», explique Ramy Abdu, président d'Euro-Med. «L'expérience de M. Richard Falk, président du conseil d'administration d'Euro-Med, est un autre exemple. Lui aussi était rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens et a été critiqué en permanence ".

En outre, en février 2015, le chef d'une commission d’enquête formée par l'ONU pour examiner les potentiels crimes de guerre commis pendant l’assaut sur Gaza en 2014, William Schabas, a démissionné à la suite d’accusations formulées par Israël. Juste un mois auparavant,  les autorités israéliennes avaient refusé l'entrée au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la violence contre les femmes, Rachida Manjo, et avaient déclaré qu'ils refusaient de coopérer avec toute commission d'enquête sur l'assaut de l'été 2014.

 Il est clair que c’est du harcèlement et de l'intimidation, et la communauté internationale laisse faire  " accuse Ramy Abdu. "Comment la justice peut-elle avoir une chance de l'emporter?"